We are the wild youth.

26 novembre 2013 // 22:32

 Nous on est de ces gens qui collectionnent les mots comme si c'était des choses précieuses, des bouquets  à serrer contre son coeur ou comme ces pierres à quatre sous qu'on nous vend dans les échoppes de souvenirs de n'importe où ; et dont on veut bien croire la valeur, dont on veut bien croire les bienfaits hypothétiques. Parce qu'on est des gosses et qu'on a besoin de croire aux histoires. Parce qu'il n'y a jamais rien eu de douloureux dans ces histoires là. Les mots, les lettres, tout ce monde parallèle, ce monde déroutant mais qui nous assoiffe au point que l'on en parle sans cesse comme une drogue que l'on a jamais pris ou qui agirait sans cesse en nous : on hésiterait entre manque et plénitude. Je crois qu'on est né sur ce paradoxe : sur la cavalcade de notre coeur ensuite, en accord avec les tambours et la guitare qui a des soupçons de voix à nous murmurer. Puis-je te dire que ta voix, même éteinte au téléphone, ça a réchauffé mes pieds. Mes pieds qui se tordent sur le sol, mes chaussures toujours trouées, parfois j'ai de la buée qui sort de ma bouche, je m'habille de façon charmante, juste pour toi, même si c'est pour dix minutes. Je sais que les mots ça résout rien, je le sais mais j'ai espoir que, je crois que, je dis que, je sens que. La cavalcade de l'amour, c'est "sunrise & sunset" encore une fois : ton cul qui a quelque chose de Tennessee, si ton cul c'était des mots. Quelque chose qui est dans cette tension-là, dans cette périphérie-ci : quelque chose à son apogée et visant plus haut encore mais sans cesse au bord du gouffre pour tenter nos peurs, les dominer et les cracher à la gueule de tous ceux qui nous plombent, qui te plombent, qui t'empêchent de rire parce que moi je veux juste que tu ris. Je les vois tous ces visages et ils se déchirent dans ma tête lorsque c'est la nuit, que tu te réfugies contre moi pour t'endormir : personne n'avait eu besoin de mes bras comme ça la nuit et ça me touche, me grise, me fait croire. Tes mots rudes en papillotes, revoir le soleil se lever comme il se couche, avec cette calme sagesse d'après la pluie, après le vent, mais avant la tempête des coeurs, la chute et la réception heureuse dans les bras l'un de l'autre. La saturation des images, des larmes qui brouillent tout, de la joie exacerbée de nos regards, des couleurs, des bannières que l'on se tisse sur les coeurs, des phrases et des phrases comme des kilomètres à parcourir : tu es ma pente raide, tu es ma pente douce, tu es mon illusion et ma réalité sans cesse renouvelée. Tu es toutes ces lettres que je veux décacheter, t'es tous ces mots qui comptent ou ne comptent plus. Et je peux te dire qu'on leur fera une fête pas possible à nos idées noires, qu'on les cramera et qu'on dansera, comme les indiens d'Amérique qu'on pourrait être, après tout, autour, pour pouvoir enfin regarder en arrière et dire que nous ne sommes pas grands, mais grandioses.

Commentaires

Can I kick it ?

Par manon.brouillon le 30 novembre 2013 // 14:19
"Nous ne sommes pas grands, mais grandioses". ça, c'est une merveille!
 

Can I kick it ?









Commentaire :








Votre adresse IP sera enregistrée pour des raisons de sécurité.
 

La discussion continue ailleurs...

Pour faire un rétrolien sur cet article :
http://windychildhood.cowblog.fr/trackback/3256068

 

<< Ici | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Ailleurs >>

Créer un podcast