Avis de tempête.

23 septembre 2014 // 0:07

 Moi j'aime les étincelles, les allumettes qu'on craque et le vent quand il se décide de définitivement faire plus frais. Moi je veux crever l'été, je veux pas voyager, je veux juste qu'on me laisse tranquille. Le reste c'est juste un canapé d'angle gris et des murs prunes. Où l'on vit, ce que l'on fait, où l'on s'amuse. Je repense à ces profs qui me demandent la raison pour laquelle mon mémoire de fin d'étude est bourré de fautes d'orthographes, mon envie de leur répondre parce que je les emmerde, parce que je veux être prof de français et que je suis pas grand chose de plus qu'un branleur un peu doué. Tant pis, les jours passent sans qu'on les regarde ici. Les murs sont plus larges tout de même, on se défend bien mal lorsque le coeur s'emballe.J'avais cette mélodie pleine de cuivres dans les oreilles tout à l'heure. J'ai hâte que quelque chose arrive, que l'on puisse faire des danses en rond. J'en ai rien à foutre des voyages et quand je vois le regard doux et plein d'espièglerie de Mila qui dit "ouistiti pizza" pour sourire sur les photos, je me dis que ma cousine est une conne à vouloir se barrer alors qu'elle est mère d'une gosse. Je repense à ses conseils de merde, je les éclate comme les canettes de coca quand j'étais gosse - comme cet été que je crève en fait -, que j'étais violent et que je savais pas frapper sur les gens. Je me défoulais sur les canettes. Je ne sais toujours pas frapper sur les gens par contre. Ca me rend pas plus beau ni moche. Mes mots pédalent je sais plus vraiment quoi dire. Mais je réécoute Trash yéyé quand la nuit tombe, et d'autres trucs. Ca fait pas de moi quelqu'un d'autre, je crois que la stagnation c'est pas si moche. J'arpente toujours les mêmes rues en étant sûr que la rédemption arrivera pour nos sourires, nos coutures élimées et nos gueules d'anges.
Je repense quand même à l'hystérie sur le visage de ma cousine tout ça parce que je lui ai dit que je voulais avoir un gosse et que je m'en battais les couilles de me barrer un Australie pour avoir l'impression d'avoir vécu. Je repense à cette phrase d'Oxmo 'parce que t'as vu des guns dans ta vie tu dis que t'as du vécu". C'est clairement ça, l'exotisme à la place des balles. Ca me fait pas pisser plus droit je dois dire. Juste un peu de terre dans le ventre et le coeur et dans la bouche aussi sans doute. Ne reste plus qu'à faire des courbettes à la table familiale à la fin, de moins en moins sur que le salut passera par là, par ces têtes dont le souvenir finit par s'user dans mon regard comme toutes ces roches qui s'érodent, ce shit qui s'effrite. Des fautes d'orthographe, des pêles-mêles avec des bambins sur les murs. On finit par habiter tous les lieux dans lesquels on triane, c'est peut-être ça, la vraie économie. C'est peut-être ça, l'essentiel. C'est pas aller voir ailleurs si on y est, parce qu'on en sera jamais.En tout cas, sur la plage, j'ai du laisser quelque boyaux et des canettes à percer. Jeu de massacre. Massacre ludique oui. La famiglia et tout ça.

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 La tête dans des étoiles trop lointaines ; les pieds dans des dédales trop réels et perçants. Quand je vois les fumées danser sur nos angoisses je ferme les yeux en rêvant de berceuses. Les jours s'accumulent, plus court aujourd'hui qu'hier. Il paraît que les saisons dévastées sont celles dont on sait finalement tirer parti. Les dédales pourtant, toujours. Les énigmes. Les jeux de mots maniaques. C'est toujours, c'est encore. C'est ta tête contre mon torse. L'envie que tout recommence dans des mouvements baroques de main sur les fesses. T'es mon manège, auto-tamponné. Et je ne veux plus de ces creux dans le coeur à chaque fois que tu es triste, que les autres crient sur nous comme si on était fait pour ça. Je veux bien démissionner de ce monde pour nous. Pour danser en rond dans des ailleurs que l'on saurait construire de trois fois rien.

Je relis tout ce que j'ai écrit en deux ans, des pages et des pages, par centaines. C'est pourtant toujours la même histoire et ce n'est pas moi, pas encore, j'imagine. Chacun sa balade. Je sais qui je veux être maintenant, c'est plus comme avant. Les mots n'ont plus cette nécessité, ne recherchent plus un style qui maintenant s'établit tant bien que mal. Je réécoute cette musique que j'avais écouté pendant des heures quand ma grand-mère est morte. A l'instant même de sa mort c'était cette musique que j'avais écouté, pendant longtemps pour tarir les larmes. Maintenant ces accords de guitare sont juste une blessure encore présente quoique cicatrisée.

Souvent j'imagine la mer sans fin, et ça me rassure. Souvent j'imagine comme on pourrait jouer une vie entière avec les vagues plutôt que tout le reste. Et quand t'es contre moi, je voudrais te protéger encore, te dire que la vie...

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 J'ai souvent ces scènes de films jamais tournés dans ma tête dans lesquelles ça roule en bagnole avec des sons trop kitsch dans le poste. La nuit me rappelle à moi-même comme les jours qui rétrécissent et le soleil qui brûle en différé quand la fin d'aout se fait sentir. Des cris, encore, en plein milieu de nos rêves, comme autant de verres brisés dans le regard. Des paysages mal embouchés, la route jusqu'à Aix qui est la même, le stress poignant, et les airs péteux des gens qui m'asphyxient. Retourner à l'origine pour nous sentir seulement épris de drames, dépasser l'origine parce que malgré toutes les larmes il y a le bonheur qui domine. Je bouge la tête lentement face aux regards vides des autres, j'ai envie de sourire en relisant ce brouillon bien plus énorme que n'importe quelles réfléxions formulées à propos de la poésie même si celui-ci risque de ne jamais être lu. La fiction pèse toujours plus lourd dans la balance.

Des paquets d'humeur et de mer.

19 août 2014 // 17:53

 Quand c'est qu'on atterrit dans du coton et qu'ils nous laissent tranquilles eux tous qui n'ont pas à nous juger et pourtant nous emmerdent ? En rond des ronds de fumée des bulles de savon des pleurs et des rires d'enfant dans la nuit, l'apprentissage de la gravité et les douleurs vites effacées des chutes. Je laisse les pluies pour les routes, les nuits, les éclairages publics. Je te veux moment d'amour, je nous veux loin de tout, je veux des rires, je veux du vide. Puis mes yeux rouges, la tension dans nos ventres et tout le monde se parle sans l'innocence de la pudeur. Une peau scarifiée et peu d'effets de styles, c'est ma carcasse avec laquelle je compose alors qu'on glisse tous vers ailleurs, histoire de dire. C'est la belle vie qui nous attend quand on aura atterrit, pour le moment on flotte dans des eaux sombres, des pas indéterminés. Je finis les yeux éclatés devant les clips de rap à la télé, ce que le temps fait de nous ? Des rotules répétitives et des danses connes en rythme. On pourrait presque croire que rien n'a changé, et pourtant. Putains d'étés, je déteste toujours autant l'été parfois.
Les brûlures de cigarettes dans le coin supérieur droit des vieilles bobines. Des souvenirs en super 8. Un empilement d'idées horribles, de styles différents et de jeans déchirés. Le temps passe, on se fait vieux, toi t'as des cheveux blancs et moi un peu plus de rancoeur en périphérie de ta haine étrange pour les gens qui te veulent du bien et l'expriment peut-être mal. C'est une histoire drôle je crois, une mauvaise blague, une rumeur qui naît de nos artères, un ennui qui nous défigure tout de même. L'envie de dire : "attrape une cigarette que je t'explique". Mais on attrape rien, on vit sur des non-dits et on se bouscule l'âme de bon matin à avoir envie de vomir lorsque ta belle-soeur te fait savoir que ton frère qui ne s'est pas levé pour te dire au revoir ne voulait plus rien à voir à faire avec votre cousine qu'il a pourtant, un jour, considéré comme sa soeur. Triste mine, triste sort, bizarre ironie. Parfois je repense aux crises de rires et je n'y comprends plus grand chose. Tourne le temps, les brûlures de cigarettes dans les mauvais films des années 70. Il est toujours temps d'avoir l'air naïf de s'interrompre sur pas grand chose, le moment, le temps : "être père, ça te rend con je crois". Je ne dis rien pourtant, j'empile les mots vides comme des cannettes accrochées aux voitures voguant vers une nouvelle vie. Y a pas écrit "just married" sur la lunette arrière. Y a écrit tout mon trouble et ma rage, et mon envie de vomir face au manque de couilles de celui que je considérais comme mon héros pendant les étés de l'enfance. L'été encore là, comme un rempart, les souvenirs et les vapeurs, toujours ce même égoïsme que l'on préférait ignorer alors. Tout mon amour mal placé même pour les gens que je ne veux plus voir me submerge comme une vague sans raisons. je me pose des questions sur le creux de mon ventre. Il sera temps d'être triste plus tard en fait. Je préfère m'en battre les couilles tout de même et regarder la rhétorique faire son effet. Je sais que je m'échouerai dans les bras de mes parents, un jour, en leur disant que je ne peux plus supporter le regard d'admiration qu'ils ont pour mon frère qui est devenu ce sombre connard que l'on ne veut pas fréquenter. Chacun ses fêlures, après tout, j'ai eu pour triste déraison de penser que la famille nous était supérieure. Ne reste que l'odeur du charbon des barbecues qui se finissent toujours sans lui et sa mauvaise humeur. Triste réunion.

Des draps propres et du mistral.

22 juillet 2014 // 14:17

 Il faudra envisager notre amour comme le témoin de la terre en tournure. Des grands immeubles plus tard, comme un voyage sempiternel sur une banquette arrière, on annonce la fin du film. J'avais oublié que l'été pouvait remplir le coeur, il a été précédemment, dans les autres épisodes, qu'un moment de tergiversation étrange où seul la mort dominait. Cette nuit j'ai rêvé de mémé. Ca faisait longtemps, puis l'amertume n'agrippe plus pourtant. Passé témoin secret des jours de manque, je me remplis de toi comme on remplit une page blanche d'adolescence et d'histoires à dormir debout. Je pense aux enfants à naître, c'est une douce musique, une douce reprise de ce que nous sommes. Encore des poumons pleins d'airs en attendant l'immanence de tes sourires, le vide qui fascine et tous les gribouillages qui me font trembler devant ton corps nu. Il est l'heure de remettre les pendules à l'heure et laver cet appartement aux fenêtres sans cesse ouvertes ne procurant aucune fraîcheur. Ca reste quand même toujours la même histoire, tant mieux peut-être. Resurgissant de nous seulement la musique on danse en rond toi et moi et ça me va. Ton cul, des mots, un pétard et du vin rouge. Symphonie dont jamais je ne me lasse.

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