Freestyle #1

9 avril 2014 // 19:42

 S'emboîte dans ma tête énormément de visions, de l'élection d'un maire d'arrondissement FN à Marseille aux mecs de la rumeur qui gueule "qui ça étonne encore" au milieu de la foule de l'espace Julien. De toute la salive abattue dans des discussions sans fins, dans des cours particuliers de français durant lesquels j'explique à des minots qui en ont rien à faire la puissance de certains poèmes, puis rentrant le soir sans vouloir rien foutre, juste regarder le soleil toujours haut à 19h30. Je mets de côté les pétasses blondes hystériques qui compliquent beaucoup les choses mais se font se resserrer les liens, les questions que je me pose à propos des gens que j'ai mis de côté, que je ne veux pas revoir. Reste de nouvelles nappes synthétiques en fond qui me plombent et me ramènent à la vie, la mer, des morceaux de musique comme d'habitude. Des cris, de la rage, des comptes en banque boiteux mais beaucoup de rire. S'empilent des mots, des phrases sans doute impaires. S'allonge le nombre de pages, 90 au compteur, sur l'histoire de ce gosse que je ne suis pas mais que j'ai décidé de faire grandir dans le quartier de mon enfance. Sinon, je lis des choses sans intérêts, je préfère dévorer n'importe quoi à la télé ou dans ma bibliothèque. J'attends les vagues, je repense au weekend dernier et à mes pieds dans l'eau. Avril, je t'aime. Je relis tranquillement les mots déjà posés ici, je crois qu'un jour ou l'autre il faudra bien que je gueule au monde que j'ai toujours voulu être un poète plutôt qu'un gars qui s'échine à comprendre les modes d'intégration cognitive des poèmes des années 50 : l'illisibilité passe toujours par des mots trop complexes. Tant pis, peut-être que personne ne me lira jamais vraiment ; les images sont toujours là, j'ai compris, récemment, que j'étais beaucoup plus sensible aux images qu'avant, que celles-ci s'imprègnent plus violemment : peut-être suis-je devenu retors à l'émerveillement, peut-être que j'ai retenu trop ça en moi en voulant grandir. On grandit de fait, je pense. Tu me l'apprends chaque jour, on grandit de fait et on assume, tu m'as fait me rendre compte que j'étais un homme, que j'avais du talent parfois, que ce que je jactais été intéressant. Ca essouffle, ça fait du bien dans le fond, ça pousse à cogiter, au-delà de la dépression de la relecture frénétique des textes d'IAM après le désarroi post-électoral. Tout ça c'est malade et truqué, les sentiments vrais, même si je les garde pour moi, ils débordent et j'aime bien, ça dérange parfois les gens qui m'aiment mieux comme un clown triste. J'aime emmerder la foule. Le morceau s'arrête, il va falloir respirer, moi, boit sans soif. C'était un hors série, une vague douce.

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