Enfance venteuse (21)

5 décembre 2013 // 23:38

 La radio disait qu'on avait tous dans le coeur des vacances à st Malo. Moi je ne sais pas vraiment, je ne devais pas être là ces jours-là. Je repense encore au blé oui, comme tout à l'heure. Et vert et mur, la musique, les soirs d'été autour de tables en plastiques à rire et danser, en souffler dans la mousse des bières, à taper dans le dos de l'un de l'autre et filer doux dans le gosier : un shot de plus ma belle, un shot de plus garçon. Se faire la belle, dans les rires, dans les espoirs, dans la vie qui grise, dans les cigales qui chantent que des histoire d'amour. Le blé vert qui se couche dans le vent de mes sourires, dans le vent de mon enfance : comme se tord ce mimosa au bout du jardin, et les cyprès de derrière la maison de ma grand-mère. Bien sûr que l'alto, que les cordes que l'on frotte, ont cette candeur réjouissante. Frappant les verres sur la table, certain se lèvent et dansent et se répètent des histoires : les explications seront pour plus tard, aujourd'hui je ne suis que rire. Les lumières multicolores, chaque jour comme la danse et ses pas. Comme un visage, un miroir, une ornière, une pièce jetée au fond d'une fontaine pour un souvenir, un autre.
Les bras de vie sont un peu des bras de mer. J'imagine la tempête, alors, sur scène, parce qu'on s'approche du devant en quête de gloire et qu'on est éblouit par la présence même des regards. Qu'on se révèle enfin. Je veux qu'on se sente à nos places tous autant qu'on est. Quand je suis sur scène, à ces moments-là, tous ces moments où la scène c'est le pourtour que je m'invente, je pense à toi mémé, et ça faisait longtemps que je ne te l'avais pas dit. Mais je ne veux pas oublier qu'il faut oublier. Je ne suis plus triste à ce sujet, juste amusé par cette tension terrible qui peut serrer ma main, l'autre, celle que Sarah ne tient pas fermement pour créer un cap qu'il s'agira, ensuite, plus tard, après notre découverte effrénée l'un de l'autre, de tenir. Cette tension qui me rappelle que si je vis, c'est pour honorer, pour parler des blés, des fenêtres des voitures, ouvertes aux quatre vents, pour parler de l'essence même du sel sur la langue. Pour parler des nuits d'hiver, des nuits d'été. Ecouter quelques musiques, nous savoir beau sur ces photos où nous sommes habillés de costumes, où nous faisons la fête, où nous sommes ces jeunes gens fringants. Je pose ici mes lèvres, et là, sur ton front oublié, sur le front d'une douce fée. Moi j'ai les mains qui appellent à l'aide, au renouveau et à la sensation : le toucher est, de plus en plus, le sens que j'affectionne.

Commentaires

Can I kick it ?

Par melie le 7 décembre 2013 // 16:52
Grands dieux, je suis cernée : oui je te lis. Et non, Barthes n'est pas de tout repos, j'aimerais bien qu'il me laisse dormir certains soirs. J'irai lui en toucher un mot.
Par melie le 8 décembre 2013 // 14:57
Dans ce cas je lui dirais ce soir que sa machine cybernétique, il peut se la garder, au moins pour la nuit.
 

Can I kick it ?









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