apnée.

9 octobre 2013 // 20:50

 Oh baby it's a wild world. Moi c'est tout ce que j'entends en face de ton désespoir, je voudrais bien te dessiner un sourire sur tes lèvres, que tes lèvres soient immenses de ce sourire : je voudrais qu'il se passe quelque chose - ligne interrompue comme brisée dans le point de fuite et la chute et le reste du temps et le reste du monde. En attente, reste le cardiaque, l'envie de t'embrasser, de te dire que ça va aller même si c'est dur à croire parfois, que la nuit se promet d'être longue, que le mouvement nous écharde là, aux genoux : parce que la vie s'acharne parfois. Le sort, les dés qui sont jetés, les "on peut rien y faire", les retours en arrière possibles que l'on espère mais qui concrètement tardent à arriver. Je voudrais te serrer tout contre moi et que les problèmes soient résolus et malheureusement c'est un peu plus compliqué que ça, il paraît. Le vent dans les arbres ne résout rien, c'est dans ces moments-là que je considère l'inutilité de mes études : la poésie ne résout définitivement jamais rien, surtout pas des conflits. Parfois ça arrondi les angles, mais mes mains veulent t'emmener loin, au vent, là où la guigne, ça n'existe pas. Reste nos souffles la nuit, nos humeurs et nos angoisses, celles que je veux mettre à la poubelle. Reste le fait que je t'aime même si ça ne résout rien, non, toujours rien.
 Je pense à des scènes que je n'ai pas vécu : des scènes de pluie intense, dans une voiture à regarder les essuies-glaces battre le rythme de la musique : "headlights look like diamonds" gueule la radio. Je ne sais pas si tout ça a grand intérêt : mais cette scène je la vois ancrée en moi : le lumière rouge puis grise : parce que hier, en rentrant, on aurait cru que je regardais la vie derrière une flaque de sang tellement l'atmosphère était rouge. Certains pourront dire que c'était prémonitoire, annonciateur : de quoi ? je ne sais pas très bien. Je sais juste que mon grand-père avait une phrase pour cela, mais que je l'ai oublié.
Tu éclates en moi comme un roulement de tambour et si je déballe des âneries de ce genre, c'est pour le ressentir à nouveau à chaque fois, ce battement différent qui m'empoigne comme la sensation de ta main dans la mienne : crochet qui veut bien nous indiquer que les histoires ne se démêlent pas ; jamais. La vie s'arrête alors, un arrêt sur image qui permet tout de même la latence, l'action, le sentiment, le regard. Et le sourire ne fait qu'émerger de ce flot constant, de cette marée qui déborde à force d'être haute. Je me plonge dans ton regard, celui qui souffre parfois, mais celui qui aime tout le temps en ce moment. Et les chansons de pop me donne envie de chanter des "ouhouhou" au refrain.
Je pense au soleil qui revient toujours, aux mots doux qui deviennent chaque fois novateurs, attrapés au vol, et aux lettres que l'on s'échange dans le vent : il paraît qu'ici, on appelle ça des mots. Des musiques festives, puis des tribales, des rythmes chaloupés, de la perte parfois, des repas du midi et du soir, mais surtout des petits déjeuners pieds nus, alors que l'on a peut-être un peu frais le matin habillés comme ça. Des câlins dont on connaît la couture, mais dont on n'a jamais su explorer en entier la profondeur. Énumérer la liste du plaisir semble vain. Mais moi, ce que je veux, c'est la vie de toi ; la vie avec toi.

Des plages sans fins.

30 septembre 2013 // 12:39

 Sentir chaque variation sur sa peau : réveil sourire, un peu comme le coucher de soleil qui lui aussi était planant et constant lorsque dans les rues encore humides du dimanche ; le soleil m'aveuglait. Je voulais fermer les yeux et marcher, ne surtout pas mettre mes lunettes. Aveuglé mais guidé par là, comme tiré par la main. Oui, sentir chaque variation, réveil sourire, réveil sonore, café long, allongé sur le sol, épris sur la lune. Lorsque le singulier, et le pluriel, se confondent, que tout ça c'est comme des éclats de miroirs qui font une mosaïque bien plus belle que les surfaces lisses : bien plus belle parce que les points de vue sont multiples et se confondent, qu'il y a comme une chaleur dans le gosier et ce n'est pas l'alcool. Le réveil et puis ton sourire, mon sourire, les verres que l'on vide, les rires qui reviennent de nulle part, les voix pures qui bercent. Finir par se coucher bien trop tard comme d'habitude, mais se réveiller et sentir qu'il fait plus frais, dorénavant le matin mais que ce n'est pas bien grave : et embrasser ta nuque comme chaque matin, là où il y a un papillon dessiné sur ta peau. Je revois l'horizon, je revois la mer qui m'a enfanté quelque part, à un moment de flottement. Je revois notre dernier bain de mer oui, Ensuès-La Redonne, ton sourire, ce train qui arrive en gare, cette poésie ferrailleuse. Toujours les mêmes musiques, les mêmes berceuses : pendant des heures, m'en vouloir pour tes possibles larmes, et les essuyer de rien, parce qu'on claque des doigts dans le bon rythme parfois. Regardant des mauvais films, se faisant la lecture quand c'est minuit, trouvant agréable de toucher le papier et les pages qu'on tourne. Toujours le café long au matin, ton regard qui paraît plus grand - au moins différent - derrière tes lunettes ; et ton sourire simple et large, de gamine qui ne sait plus très bien si elle est encore une fille ou une femme, mais penchant des deux côtés : devenant autre et devient belle. Bien sûr que c'est facile les mots alors que ta peau douce est devenue ma seule raison de vivre très très vite sans que cela ne m'effraie, alors que cela m'impressionne. Le fil semble tendu pour que je m'y ballade, pour te prendre dans la main et tenter, tout tenter et ne rien craindre. Tu es quitte ou double : mais surtout double, le pluriel qui revient à la charge / t'es même quitte ou triple j'ai envie de te dire. 

 Pourquoi ne pas parler des oiseaux ? Les citations s'entassent dans ma tête, pourtant je ne lis aucun mot d'amour, pourtant du coup ma tête est encombrée entre l'utile et l'inutile et pourtant ça se bouscule mais j'aime ça je crois la bousculade, porté vers l'avant, enfin, enfant, tu vois ce que je veux dire ? pourtant j'ai beau avoir la tête qui déborde je me sens léger, et je te regarde en riant toujours, parce que j'ai des pulsions partout qui me pousse au bonheur.
J'épluche tous les mots que l'on peut se dire en se regardant droit dans les yeux, comme une révélation enfin promise : une belle histoire d'amour oui, née du néant mais bien réelle dans une portée étrange de fusible qui nous écrase. Vivre une vie belle, grande, large et ample comme nos mains tendues en permanence et nos corps qui s'emmêlent et ne cherchent vraiment pas à se démêler. Souffler l'amour dans l'oreille de l'autre alors que justement le souffle est coupé, que les bruits deviennent musique. Pourquoi ne pas s'envoler dès lors ? Pourquoi ne pas parler des oiseaux ? Des vagues stellaires ou lunaires où j'en sais rien : des vagues que font le vent dans le ciel à nouveau bleu malgré la saucée matinale. Devenus grands par nos envergures, nos concordes jamais partis, toujours à quai, parce que moi je veux bien penser que nos avions sont des immenses bateaux, que ce sont des péniches croulantes, tombantes dans une abîme charmante, pour cause de bibliothèques trop lourdes. Puis la bière, le miel, la confiture, le rhum par lampées, le goût des tes cheveux et tes cosmétiques, parfois la fumée aux airs de cirage, les yeux fatigués, et parfois juste ta dextérité lorsque tu roules : que des bouffées d'airs, alors que le thé refroidi, qu'il est l'heure d'aller sur la terrasse des cafés, étaler par terre les tonnes d'envies, et les doses de chansons d'automne que l'on connaît si bien.
J'aime la douceur de la plante de tes pieds, et tes cris quand tu jouis. Simple résumé d'un peu plus d'un mois de vie commune, d'un peu plus qu'un idéal qui enfin se réalise. Quand tu parles avec ta voix parfois cassée ça m'électrise, comme le regard que tu peux me lancer, mutine, parfois.

Sans titre.

26 septembre 2013 // 23:36

 Toi t'es belle avec ton sourire qui affronte les nuages, les mirages, les orages : et tous ces trucs qui semble-t-il nous feraient prendre du poids, nous alourdiraient considérablement si l'on avait quelque chose à y faire. C'est  chaque fois que je me retrouve seul dans mon lit que je me rends compte de l'absence, de la place que tu prends toi, et ton sourire, et ton crane rasé sur le côté. J'attends les odes, la joie et les poèmes que je pourrais t'écrire, ne reste que la racine des propos les langueurs humides quand le soir arrive, et des envies de voyage. Collés aux basques de nos intentions, à regarder se soulever des vagues d'émotions comme si l'on nous avait prévenu que vivre c'était terriblement beau mais qu'on faisait genre jusque là que l'on n'était pas au courant.

Revenant à l'origine, je contemple l'horizon comme une ligne de conduite : je veux t'y mener en te disant que tu es belle et que je voudrais bien me perforer le ventre si j'avais l'assurance que ça te garderait auprès de moi pour cette vie et les mille qui vont suivre.

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