Avec comme réveil les bruits au loin d'un air de guitare joué par mon père, avec n'importe quel morceau de Folk, avec Meddle de Pink Floyd, dans la chaîne hifi. Avec en enchainement des repas pantagrueliques, ton regard, ton sourire, ta bouche en cadeau, les rires, l'alcool certes, mais la douceur du sucre dans la bouche, et sans la rancoeur. Avec la vie qui n'est que ce moment de claquement entre deux mains qui se rejoignent, des "salut ça va ?", des rires comme des pleurs de bébés puis de gosses. Avec un texto et rien d'autre de mon frère pour me dire que je vais être tonton d'une petite Lana et sourire, en repensant au cadeau que je lui ai fait, en projetant toutes les bêtises que l'on peut acheter, tout le vent que l'on a dans nos poches, toutes les semelles qui se bousculent dans nos têtes. Avec toujours les mêmes poèmes pour nous faire pleurer. Avec toujours dans le coeur la même joie et surtout la même rage, celle qui fait dévorer la planète avec le sourire des grandes personnes. Avec cette décision si limpide de déménager encore l'été venu, de vivre avec toi, près de toi, comme une évidence. Avec des mots et des forces de frappe. Avec le coeur. Avec toi surtout.

L'histoire de la survivance.

5 décembre 2013 // 15:56

 Redoubler d'amour et d'espérance : regardant la vie au travers des vitres / redoublant de sourires, de choses assez élémentaires, de fruits secs, je pense au blé qui casse dans les mains et tu sais quand on les épluchait les épis pour croquer le blés sous nos dents, pour que ça fasse comme une pâte sur la langue. Puis rien de plus. Je m'exprime sans doute mal... Je me demande s'il finira par neiger, si les baumes sur les coeurs, c'est de la farine, si on s'en sortira tous, si on a tous la même propension au bonheur que celle qui m'étrangle en douceur. Je me demande aussi pour l'orage : pour le regard de mes compatriotes qui semblent perdus. Pour ces jeunes gens pleins de vie que je vois face à leurs choix difficiles ; moi je sais qu'il faut toujours espérer la suite comme un nouveau soleil : pas celui d'un jour nouveau, un vrai soleil de rechange.

// Je ne parle que de ce que je connais, et ce que je sais le mieux, là, c'est toi. Comme une leçon tellement apprise qu'on peut la recréer dans tous les sens, à tous les temps, les modes d'amour comme ta bouille que j'embrasse, ton ventre que j'embrasse. Je me demande pour ta peau douce, si elle restera douce. Mais je sais que oui, en fait. Je me demande pour le vent, le sable, la poussière, je me demande : je redouble aujourd'hui / d'amour et d'espérance. Et saperlipopette me semble un mot juste, comme ça, à force de repenser au blé, savoir qu'il n'est plus comme ça, qu'en champ dans ma mémoire. C'est des cycles, moi je te cycle pour ne pas répéter en boucle que je t'aime. Quand tu t'échappes, il reste toujours des tonnes de toi dans les coins et ça, ça me fait survivre //////////////////////////////////////////////////

L'enfance.

25 novembre 2013 // 15:35

 T'es belle comme l'interstice entre la porte et le sol, celui par lequel la lumière fait son apparition dans une vie, dans quelconque vie / t'es belle comme l'interstice par lequel on glisse les lettres d'amour. Jour de grand soleil mais de grand vent, dehors, dans le ciel bleu très pur, on voit des trainées nuageuses d'avions qui voguent ailleurs, virgules comme des points de suspensions dans lesquelles on se baigne. Maintenant que nous recouvrons nos coeurs de manteaux, ta nudité n'est qu'une source plus poignante de désir, de sourire, de vie tout d'un coup qui a l'odeur de l'hiver naissant. Les feuilles mortes dansent en tombant sur le boulevard Chave et ailleurs, et dans mon appartement, à nouveau seul, je rêve de rivages illimités, de toi gardienne de moi, pour pas que je déraille. Je rêve de ta bouche, je rêve sur les murs blancs, je projette, je gonfle mon orgueil, je laisse la vie se faire. En attendant la mer on boit des manthes-à-l'eau, en attendant les vagues on apprécie les bourrasques, le soleil de Novembre très bas et très blanc qui aveugle à coup sûr mais rassure sur les choix : sur le choix du Sud comme horizon, terre d'attache, naissance, langue maternelle, panier de victuailles qui nous essouffle. Puisque les rues sont en pentes et se relèvent d'elles-mêmes, puisque nous sommes pentus comme des équations qui ne se résolvent que par notre union, je prends tous tes rires comme les victoires que je n'ai jamais su remporter. Je regarde les batailles précédentes d'un oeil dédaigneux : je te regarde toi et je vibre. Je vibre. Je vibre encore et encore et toujours.

// J'ai redescendu les escaliers de la rue Estelle à nouveau seul après avoir vu les façades colorées du cours Ju me parler d'évasion, de contre-culture, du ridicule un peu, mais l'assumant, me laissant charmé ainsi. En dévalant la rue, j'ai regardé le virage de la rue de la Palud, me suis dit qu'ici aussi on pourrait y vivre. Je ne savais pas très bien, mais j'étais à nouveau seul et j'étais bien, la gorge offerte aux courants d'airs pour mieux respirer. J'étais bien, j'avais encore la sensation de ta main dans la mienne et l'impression que l'on s'aimait de façon très juste, très précise, très rassurante et sans tempêtes, sans larmes ; doucement. Et c'était bon. //

Le vide des verres de Novembre.

16 novembre 2013 // 23:10

 Je vie pour des couchers de soleil presque beau, des regards dans les rétroviseurs centraux, des regards qui vont au-delà, ne serait-ce qu'en regardant au travers nous, dans la pleine lumière des néons. Je pense emboiter le pas au cosmique dès lors, pour voir si le voyage s'annonce bon, s'annonce torride comme ta main sur ma nuque. S'embrouille toutes ces nouvelles de bonnes nouvelles, le bruit du métro qui arrive à quai, le bruit d'une rue commerçante, bondée, alors qu'il est 17h et des poussières et qu'il fait déjà nuit. Je vie pour des bribes de sons, des mots qui m'enserrent, des termes doux qui sortent de nous : des mots que l'on se colle aux semelles. Suis-je encore ne serait-ce qu'un brin venteux ? Brise, douce brise alors que les claps de la chanson drainent toutes ces cendres que j'ai enterré pour ne pas me rendre compte parfois que j'étais triste, pour accepter que l'on peut pleurer, pour à nouveau rire.

Cloud Atlas.

14 novembre 2013 // 11:29

 Les étoiles sonores restent étriquées. Les bras nus, tu comptes arriver à quoi petit barbu que t'es ? Après avoir dépassé le mètre quatre-vingts, tu t'es vu perdu, mais on a fini par te retrouver, t'étais pas assez discret. Le refrain, c'est toujours le même, et quelque part c'est rassurant : parce qu'on se rêve toujours en train de courir sans but dans la nuit et ça nous réveille en sursaut quand le monde se met à s'écrouler sous nos pieds, que l'on peut rien y faire. On veut bien tout de même des photomatons qui nous accrochent à ce sol comme l'ancre : moi je veux bien de ta voix dans n'importe quelle teinte : même brisée j'en veux, parce que la mer fait moins peur comme ça lorsque je me noie pour voir ce que ça fait d'avoir les poumons pleins d'eau. J'ai cette image de shot d'alcools purs, mélangés les uns les autres, qui flambent sur un plan de travail en inox. La chaleur du lieu, le verre qui brûle les joues quand on s'y approche pour siphonner le liquide avec cette paille. Puis les flammes dans le gosier et la rondelle de citron qui s'en suit. Ne reste que la musique, l'évocation, la nuit je rêve de kilomètres parcourus à errer comme une âme en peine, quand tu dors pas à côté de moi. Faut que je m'y fasse t'es mon enclume, mon ancrage, mon drap de soie bien plus agréable que cette redondance offerte par je ne sais quelle raison par ce lit qui grince comme un rafiot craquant. 
C'est toujours les mêmes choses que racontent les jeunes : les nuits, l'alcool, les lits, et les réveils désordonnés. Puis il y a l'amour : celui qui me brise les côtes avec réjouissance, plaisir, sourire sur ma tête mal rasée. Il y a cet amour qui ne doit pas s'éloigner pour que je puisse continuer à vivre, à respirer, à marcher droit / Because you are mine, I walk the line / tes yeux qui me parlent de tendresse, l'odeur des bougies qui nous parfument. Moi je veux tisser des astres, des astres dont tu fais parti dans le soleil qui se couche trop tôt parce que c'est l'hiver, dans le sourire qui nous surprend lorsqu'on distingue tout de même les étoiles de ma terrasse ; malgré la ville, son épuisement. Les jeunes parlent toutes des mêmes choses : des symphonies brisées, fragmentées, qui nous réjouissent le coeur. Moi je veux parler de fresques, de sons, que tu y sois dedans : créées par elles, toujours aussi belle, toujours plus belle parce que c'est le matin d'hiver, la nuit d'été, l'amour. L'amour comme persistance.

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