Sur le téléphone, le message n'a pas de sens. Je hausse les épaules. S. me demande combien de temps on va en bouffer de ses retours la bouche en cul de poule, je hausse les épaules, je n'en sais rien. Un meilleur ami avec qui on ne veut plus parler, lorsqu'on le recroise par hasard, c'est étrange. ON peut pas s'empêcher de discuter. Ca fait des cailloux dans les chaussures.
Les mots viennent en flot continu ces derniers jours. Je n'arrête plus d'écrire, le premier jet de mon deuxième roman est fini, je n'ose plus le relire, je crois qu'il faut qu'il repose pour lever. Maraqopa nous enflamme avec S. on reprend goût à la vie même si c'est dur, même si on bosse comme des chiens et que l'horizon pour moi semble voiler. J'ai quand même l'impression de faire enfin ce pourquoi je suis doué. Quand je me regarde dans la glace je me trouve plus vieux, je ne me reconnais pas tout à fait. Je ne pensais pas que je pouvais être cet homme-là. Je trouve ça doux, du baume sur un coeur fumant. Je ne sais pas ce qu'il va advenir de ce lieu. J'ai le sentiment qu'il m'est utile. Que la nostalgie est ^toujours très forte. Mais que reste-t-il à raconter que je n'ai pas encore dit ? Les mots, toujours les mots. En atendant je danse sur des chansons tristes qui pourtant me réjouissent. Des paradoxes.

Pour que les mots nous digèrent.

26 janvier 2015 // 19:07

 J'ai la rage un peu, depuis quelques jours, à pas savoir comment réagir à tout ça, à 2015. Alors, j'ai pris mes responsabilités, j'ai retapé un blog que j'avais créé dans l'espoir de faire des chroniques culturelles (projet vite oublié) et j'ai décidé d'en faire autre chose que des mots aléatoires qui ne satisfassent pas grand monde à part moi. Ca va mélanger un peu tout ce qui encombre ma tête. Ca finira par être joyeux j'en suis sûr. Pour le moment j'ai la hargne.
 

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Colonel chagrin.

12 janvier 2015 // 16:01

 Est-ce que l'on a des choses à dire de nos larmes, de la pluie qui ne tombe pas, d'un hiver trop clément que d'une semaine où l'on vieillit dans le miroir. Tu as pris une ride et quelques cheveux blancs de plus boy, t'es toujours aussi beau boy, t'es juste plus vieux boy. T'es sage et doux, et c'est vrai que t'as rien demandé à personne pour que la terre s'ouvre sous tes pieds parce que comme dans les vrais romans français il y a cette collusion entre Histoire et histoire. Toi et ta bien-aimée vous êtes devenus un roman français lorsque le mercredi est suivi par un vendredi d'angoisse inextinguible. Des chasses à l'homme aux chasses des toilettes. On a envie de vomir et de pleurer. On regarde juste par la fenêtre le ciel bleu et le soleil déjà planqué derrière l'immeuble en face. On laisse filer le vent, on manifeste, on se débat en espérant y voir plus clair ensuite. Le retour de l'angoisse que l'on dissipe dans du vin et des larmes à l'abribus, les yeux plissés à cause du soleil blanc de janvier. 2015 semble quelque chose de difficile à prononcer sinon tu n'y comprends rien. On panse les plaies, on se taille des larmes, on a encore des histoires à raconter, des résistances à formuler. Pour brûler de joie et de peur, de tristesse et d'illusions. Ne reste que les chansons douces. Les bals d'antan, les souvenirs diffus. Le beau moderne qu'on appelle ça. 

// Derrière la tristesse et les incertitudes reste brûlante cette idée que je t'aime et que je veux me battre pour deux, pour trois, pour dix-mille. Courageux et téméraires. Que tous ces mots voilés de toi qui pleure contre moi dans notre lit la nuit soit des évènements bien réels, des bouquets de fleurs des cris de joie et d'espérance. Des crachats à la figure de tous ces cons, des majeurs levés aux oppresseurs, des rires bien plus immenses que les cris qui nous font peurs. Et de verres de vins en semaines de disettes on finira bien par la niquer cette misère, la niquer cette sinistrose, la niquer la vie, l'enfanter, l'engrosser, la faire vibrer à en écrouler nos coeurs pour une cause plus grande. A écrouler les murs de Jericho avec des trompettes, à faire pleurer de joie nos Jericho, nos citadelles, nos villes, nos fors intérieurs. A faire des rimes à la belle étoile et souffler des tirades ridicules. Mais surtout avoir conscience de nos limites, de l'art que l'on brasse et déplace lorsque l'on parle, que chaque pas est une résistance contre la vie et contre les autres pour la vie et pour les autres. Que les plumes c'est polysémiques, que les larmes aussi. Que s'éclate nos mondes, que s'éclate tous ces discours préconçus et ces mauvais pressentiments face à l'exigence que l'on s'impose à nous-mêmes, d'être des résistants, des humains, des sourires et des sentiments. Moi je t'aime parce que lorsque je suis avec toi je ne veux que pleurer de joie, m'enfermer très longtemps pour réciter tous les films qu'il reste à faire, toutes les histoires qu'il reste à raconter. Tout ce que l'on va entreprendre, tout ce que nous sommes. Alors la fatalité peut aller se faire enfiler, nous on danse en rond, on valse. Moi je ne veux que t'offrir des fleurs et te dire que t'es la plus belle. Pour que l'hiver soit sans encombres nouvelles. Pour que l'été nous rayonne. //

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 C'est comme avoir quelque chose de martial dans chaque parole, dans chaque pas, dans chaque foule que l'on arpente, à chaque sentiment que l'on comprime, à chaque frisson de nos peaux, à chaque caresse sur les joues. Rien d'autre à redire. Mais quelque chose de doux tout de même, de bien speed, pas trop chagrin, des larmes de coca et du whisky de l'abandon quand les jours sont passés, que les nuits sont blanches et nos coeurs héroïques -- tourne vire, écrire est satisfaisant.

Solstice. (enfance venteuse)

22 décembre 2014 // 17:31

 Avec le soleil si bas, on pourrait s'entêter loin. Les ombres très longues sur le grand boulevard Michelet, la chaleur du soleil, j'ai cette grosse écharpe autour du cou et pourtant mon blouson de cuir ouvert : je crois que j'ai plutôt du genre, un peu de style. Le soleil est très bas alors qu'il n'est que 15h38. On en attend le bus, en colère contre le temps qui passe. J'ai la tête lourde de toutes ces nuits qui se tendent qui n'offrent aucun repos malgré le sommeil profond. Combien de jour ça fait depuis que j'ai appris à nouveau ce que la mort voulait dire ? Un paquet de temps il me semble. Trois ans, combien de mots depuis. Combien de douleur et de rebond : égaré constamment dans une brume qui a finit par se dissiper, qu'il serait simple de regretter tant la tristesse colle si bien à la peau, donne tant de charisme. Il est dur de s'inventer et se définir joyeux lorsqu'on est solitaire, mélancolique sensible, attaché au monde et pourtant distant. J'ai écrit un roman pour me pardonner de vivre, d'avoir le coeur qui bat. J'en écris un deuxième pour reprendre le contrôle que je sais avoir près de mes mains. Il y a ces ombres et l'idée que tu ne me manques plus comme avant mémé et que c'est doux et dur en même temps. Je me souviens encore de ce jour terrible de ta mort comme si c'était hier, et je me souviens encore plus de ce moment surréel où allongée sur les carreaux e la salle de bain que l'on a refait depuis tu m'as dit que tu allais te reposer un moment. Ce jour-là j'ai appris que la maladie n'empêchait jamais la lucidité, malgré les creux très froid de la mémoire. Ce jour-là, je crois que j'ai appris à être adulte. C'était un jour d'automne ou d'hiver, c'était un jour de mistral et de rayons de lumière aveuglants dans le ciel bleu ; un jour comme aujourd'hui avec des ombres longues : une rage au coeur.

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